tarteaucitron vs Didomi : PME, agences ou besoins enterprise ?

Didomi et tarteaucitron sont deux CMP françaises, mais c’est probablement le comparatif de cette série où les positionnements sont les plus différents.

Didomi se présente aujourd’hui comme une plateforme destinée aux environnements complexes et aux grandes organisations : plusieurs réglementations, plusieurs pays, sites web, applications mobiles, CTV, TCF, GPP et gestion du consentement à grande échelle.

tarteaucitron est historiquement beaucoup plus proche du développeur, de l’agence web, de la PME ou de l’organisation qui souhaite contrôler les services tiers présents sur un ou plusieurs sites sans déployer une infrastructure globale de gestion de la confidentialité.

Je développe tarteaucitron, donc ce comparatif reflète nécessairement mon point de vue. Mais dans ce cas précis, il n’est pas très difficile de reconnaître que Didomi couvre certains besoins enterprise que je ne cherche simplement pas à intégrer dans tarteaucitron.

Didomi vise clairement les environnements complexes

Le positionnement de Didomi est assez explicite. Sa CMP est conçue pour gérer le consentement à travers plusieurs régions, domaines, applications et appareils.

La plateforme prend en charge de nombreuses réglementations internationales et permet notamment d’adapter les notices selon la localisation du visiteur. Elle gère également plusieurs frameworks utilisés dans l’industrie publicitaire et la confidentialité.

Ce type de fonctionnalités prend tout son sens pour une entreprise internationale qui doit faire fonctionner la même stratégie de consentement en Europe, aux États-Unis et dans d’autres régions du monde.

Ce n’est pas le problème quotidien de la majorité des sites que je rencontre avec tarteaucitron.

tarteaucitron part d’un problème plus simple

Le point de départ de tarteaucitron est beaucoup plus direct : quels services tiers sont présents sur cette page et lesquels doivent attendre le choix du visiteur avant de fonctionner ?

Google Analytics, YouTube, Google Maps, Facebook, reCAPTCHA ou d’autres services peuvent être contrôlés individuellement.

Dans la version open source, ces services sont déclarés manuellement. Dans la version Pro, la détection automatique permet de reconnaître de nombreux services déjà présents sur le site et de les bloquer lorsque le marqueur tarteaucitron est chargé suffisamment tôt.

Je préfère conserver cette logique relativement simple plutôt que d’essayer de transformer tarteaucitron en plateforme globale de privacy management.

Le TCF distingue immédiatement les deux CMP

Didomi prend en charge le Transparency & Consent Framework de l’IAB. tarteaucitron ne participe volontairement pas au TCF.

Pour un grand éditeur financé par la publicité programmatique, cette différence peut suffire à choisir Didomi. Si les partenaires publicitaires exigent une CMP compatible avec le framework, tarteaucitron n’est simplement pas adapté à ce cahier des charges.

Pour une PME, une agence ou une organisation qui utilise quelques services tiers identifiés sans dépendre de cet écosystème publicitaire, le TCF n’est en revanche pas nécessairement pertinent.

J’ai détaillé cette distinction dans mon article consacré au TCF de l’IAB.

Didomi ne se limite pas au Web

Une autre différence importante concerne les environnements couverts. Didomi propose sa gestion du consentement pour les sites web mais aussi les applications mobiles et les télévisions connectées.

La plateforme met également en avant la possibilité de partager les choix entre plusieurs domaines ou appareils.

Pour un groupe international qui possède plusieurs sites, des applications natives et différents produits connectés, disposer d’une plateforme commune peut être un véritable besoin architectural.

tarteaucitron reste avant tout centré sur le Web. Je préfère ne pas prétendre couvrir des environnements pour lesquels le projet n’a pas été conçu.

Deux approches différentes du multi-site

Les deux solutions peuvent être utilisées dans des environnements comportant de nombreux sites, mais pas avec la même logique.

Didomi propose une plateforme permettant de gérer des configurations complexes entre plusieurs domaines et de partager le consentement dans certaines architectures.

tarteaucitron Pro adopte une approche beaucoup plus simple : la licence permet d’utiliser la CMP sur un nombre illimité de sites et avec un trafic illimité.

Pour une agence web qui gère cinquante sites clients indépendants, cette simplicité est souvent exactement ce qui est recherché. Il n’est pas nécessaire de construire une stratégie de consentement commune entre tous les clients : chacun a son site et ses services, mais la même licence peut être utilisée partout.

Le modèle commercial reflète aussi le positionnement

Didomi ne présente pas sa CMP comme un simple abonnement standard que l’on ajoute à son panier. Le site oriente les entreprises vers ses équipes commerciales et met en avant l’accompagnement, la migration et l’intervention de spécialistes.

C’est cohérent avec un produit enterprise. Une grande entreprise internationale peut avoir besoin d’un accompagnement au déploiement, d’une architecture particulière et de règles différentes selon les marchés.

tarteaucitron Pro est volontairement beaucoup plus autonome. Le compte est créé, le marqueur est installé et la configuration se fait directement depuis la console. Pour WordPress, le plugin officiel simplifie encore l’installation.

Je n’organise pas de processus commercial ou de projet de déploiement avant de pouvoir utiliser la CMP. Ce fonctionnement correspond davantage aux PME, développeurs et agences qui souhaitent avancer directement.

Didomi prend en charge Google Consent Mode v2 et propose différentes possibilités de configuration avec les produits Google et Google Tag Manager.

tarteaucitron prend également en charge Consent Mode v2, aussi bien dans la version open source que dans la version Pro.

La présence de Consent Mode ne permet donc pas réellement de départager les deux solutions. La différence se situe plutôt dans l’environnement général dans lequel cette fonctionnalité est utilisée.

J’explique son fonctionnement séparément dans mon guide Google Consent Mode v2.

Didomi conserve les preuves de consentement

Didomi intègre la conservation des preuves de consentement dans sa plateforme. Cette logique correspond à son positionnement global de gestion du consentement et de la privacy.

tarteaucitron ne conserve pas un registre individuel de chaque visiteur ayant accepté ou refusé les services.

C’est une différence volontaire. Je ne souhaite pas centraliser des informations sur les visiteurs de tous les sites utilisant tarteaucitron simplement pour pouvoir fournir un historique individuel de leurs choix.

Cela ne signifie pas que la question de la preuve du consentement disparaît. Elle est simplement plus subtile que "enregistrer chaque clic dans une base de données".

L’open source est une autre différence importante

tarteaucitron.js est disponible sous licence MIT. Le code peut être téléchargé, inspecté, modifié et auto-hébergé.

Cette possibilité est importante pour certains développeurs et certaines organisations. Elle permet notamment de comprendre précisément le fonctionnement du mécanisme chargé de bloquer les services tiers.

La version Pro ajoute l’automatisation, la configuration en ligne et la maintenance via le CDN, mais le projet open source reste utilisable indépendamment.

Didomi suit une logique de plateforme SaaS. Ce n’est ni mieux ni moins bien par principe : ce sont deux modèles différents.

Quand Didomi me paraît plus adapté

Je regarderais Didomi en priorité pour une grande organisation qui doit gérer plusieurs réglementations, plusieurs pays, plusieurs environnements numériques et des exigences liées au TCF ou à la publicité programmatique.

Le besoin d’un accompagnement dédié, de consentements partagés entre différents environnements ou d’une architecture couvrant Web, applications et CTV correspond également beaucoup plus au positionnement de Didomi.

Dans ces situations, comparer uniquement le prix d’une licence n’aurait pas beaucoup de sens. Le besoin lui-même est plus large.

Quand tarteaucitron me paraît plus adapté

Pour une PME, une agence web, une collectivité ou un développeur qui cherche avant tout à contrôler les services tiers de sites web, tarteaucitron reste volontairement plus simple.

La version open source permet de tout gérer manuellement. La version Pro automatise la détection et simplifie la maintenance. Une seule licence peut couvrir tous les sites sans quota de trafic.

Il n’y a pas besoin de construire un projet enterprise autour de la CMP pour commencer à l’utiliser.

Deux produits qui ne cherchent pas vraiment à faire la même chose

Didomi et tarteaucitron se retrouvent sous le même terme de CMP, mais leur périmètre montre les limites de cette catégorie.

Didomi est une plateforme de consentement pensée pour des organisations qui peuvent avoir des besoins internationaux et multi-environnements complexes. tarteaucitron reste un outil beaucoup plus directement orienté vers le contrôle des services tiers sur le Web.

Pour un projet enterprise complexe, cette simplicité peut devenir une limite. Pour une agence ou une PME, elle peut au contraire être exactement ce qui est recherché.

Le bon choix commence donc moins par la liste des fonctionnalités que par une question simple : quel problème faut-il réellement résoudre ?

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