Cookiebot et tarteaucitron permettent tous les deux de gérer le consentement sur un site, mais leurs modèles sont assez différents. C’est particulièrement visible lorsqu’on regarde l’open source, la manière de détecter les services et la façon dont le prix évolue lorsqu’une organisation possède plusieurs sites.
Je développe tarteaucitron et ce comparatif reflète forcément ma connaissance et mes choix de produit. Je vais donc surtout comparer des éléments vérifiables et expliquer pourquoi les deux solutions ne répondent pas toujours au même besoin.
Cookiebot est une CMP SaaS basée notamment sur le scan
Cookiebot analyse les sites afin de détecter les cookies et trackers présents. Ce scan permet d’établir un inventaire et participe à l’automatisation de la configuration de la CMP.
C’est une approche courante parmi les CMP SaaS : le site est parcouru régulièrement et les technologies détectées peuvent être classées afin d’alimenter la gestion du consentement.
tarteaucitron a historiquement une approche différente. Dans la version open source, les services sont déclarés explicitement. Dans la version Pro, la détection automatique intervient directement dans la page pour reconnaître et bloquer les services pris en charge.
Un scanner et une détection dans le navigateur sont donc deux mécanismes différents. Le premier inspecte le site pour établir un inventaire ; le second intervient pendant le chargement réel d’une page.
Cookiebot est facturé en fonction du domaine et de sa taille
Le modèle tarifaire de Cookiebot Core repose notamment sur le nombre de domaines et le nombre de sous-pages de chaque domaine. Le niveau de l’abonnement évolue avec la taille du site.
Le trafic n’est en revanche pas limité. Un site très fréquenté ne change donc pas de formule simplement parce que son nombre de visiteurs augmente.
Les domaines et sous-domaines sont pris en compte séparément. Pour une entreprise exploitant plusieurs sites, le nombre de domaines devient donc un élément important du calcul.
tarteaucitron Pro ne compte ni les domaines ni le trafic
Le modèle de tarteaucitron Pro est volontairement différent. Une licence peut être utilisée sur un nombre illimité de sites et il n’y a pas de quota de trafic.
Le nombre de pages d’un site n’entre pas non plus dans le calcul.
Cette différence a peu d’importance pour quelqu’un qui ne gère qu’un seul domaine. Elle devient beaucoup plus visible pour une agence qui maintient plusieurs dizaines de sites, une entreprise avec de nombreuses marques ou une organisation publique possédant plusieurs portails.
Je n’ai jamais aimé l’idée de faire payer chaque nouveau site. Une agence ne devrait pas avoir à se demander si l’ajout d’un petit site client va nécessiter une nouvelle licence de CMP.
Cookiebot propose aussi une offre gratuite
Comparer uniquement "gratuit contre payant" serait trompeur puisque Cookiebot dispose également d’une offre gratuite pour les petits sites répondant à ses limites.
La différence avec tarteaucitron est surtout la nature de cette offre gratuite. tarteaucitron.js est un projet open source sous licence MIT. Il peut être téléchargé, modifié, audité et hébergé indépendamment de tarteaucitron.io.
Il n’existe donc pas seulement comme niveau gratuit d’un SaaS. Le code constitue un projet utilisable de manière autonome.
Open source : une différence structurelle
Cette différence n’est pas importante pour tout le monde. Beaucoup d’entreprises souhaitent simplement un service fonctionnel et ne regarderont jamais le code de leur CMP.
Pour un développeur, une administration ou une organisation qui souhaite pouvoir auditer son outil de consentement, l’open source apporte en revanche quelque chose de concret.
Il permet de comprendre exactement ce qui est exécuté dans le navigateur et de conserver une solution utilisable même sans dépendre du SaaS Pro.
L’auto-hébergement implique évidemment aussi de maintenir soi-même la version utilisée. C’est précisément l’une des différences que j’explique dans mon comparatif entre tarteaucitron open source et Pro.
Deux formes d’automatisation
Cookiebot automatise une partie importante du travail grâce au scan et à la classification des technologies détectées.
tarteaucitron Pro automatise surtout le blocage. Lorsque son marqueur est chargé suffisamment tôt, il peut reconnaître des services supportés déjà présents dans la page et intervenir sans demander de remplacer manuellement chaque balise.
Cette distinction est importante. Un inventaire peut révéler qu’un tracker existe. Le problème suivant consiste à empêcher ce tracker de fonctionner tant que le consentement nécessaire n’a pas été obtenu.
Dans tous les cas, je recommande de vérifier le résultat directement dans le navigateur plutôt que de considérer qu’un scanner ou une CMP garantit automatiquement le résultat. Les DevTools permettent de vérifier les requêtes réellement envoyées.
Google Consent Mode est disponible des deux côtés
Cookiebot prend en charge Google Consent Mode. tarteaucitron le prend également en charge dans ses versions open source et Pro.
Ce n’est donc pas, à lui seul, un critère suffisant pour choisir entre les deux solutions.
Consent Mode doit surtout être correctement intégré avec les balises réellement présentes sur le site. Ajouter une CMP compatible sans vérifier la configuration de Google Tag Manager ou de GA4 ne suffit pas.
Le TCF distingue davantage les deux solutions
Cookiebot participe à l’écosystème TCF, contrairement à tarteaucitron.
Pour un éditeur qui utilise la publicité programmatique et dont les partenaires exigent ce framework, cette différence peut éliminer tarteaucitron immédiatement.
Pour un site qui doit principalement contrôler quelques services tiers identifiés, elle peut au contraire ne présenter aucun intérêt particulier.
Le TCF répond à un besoin précis que j’ai détaillé dans mon article consacré au framework de l’IAB.
Cookiebot pour un site unique
Le modèle de Cookiebot peut être très lisible pour une organisation possédant un ou quelques sites. La taille de chaque domaine détermine la formule et le trafic reste illimité.
Le scan automatique est également intéressant lorsqu’on souhaite disposer d’un inventaire régulièrement actualisé des cookies et trackers présents sur le site.
Pour les organisations ayant besoin du TCF, Cookiebot répond aussi à un besoin que tarteaucitron ne cherche volontairement pas à couvrir.
tarteaucitron pour plusieurs sites
La différence devient plus nette lorsque le nombre de sites augmente. tarteaucitron Pro ne change pas de tarif parce qu’un deuxième, un dixième ou un cinquantième domaine utilise la CMP.
C’est particulièrement adapté au fonctionnement des agences web. Une même licence peut servir aux sites clients sans transformer chaque nouveau projet en abonnement supplémentaire.
La version open source permet en plus de conserver une approche entièrement autonome lorsque l’automatisation Pro n’est pas nécessaire.
Le bon critère n’est pas uniquement le prix
Cookiebot et tarteaucitron illustrent finalement deux modèles différents.
Cookiebot propose un SaaS structuré autour du domaine, de sa taille, du scan et d’un ensemble de fonctionnalités de conformité. tarteaucitron part d’un projet open source centré sur le contrôle des services, auquel la version Pro ajoute automatisation et maintenance sans limite de sites ou de trafic.
Pour un seul site, les deux modèles peuvent parfaitement avoir du sens. Plus le nombre de domaines augmente, plus leur différence économique devient importante.
Mais le choix final devrait toujours revenir au même test : quels services sont présents sur le site, comment sont-ils détectés et la CMP intervient-elle suffisamment tôt pour les contrôler ?


