CMP à prix fixe, par domaine ou au trafic : quel modèle choisir ?

Comparer le prix de deux CMP est moins simple qu’il n’y paraît.

L’une facture par domaine, une autre selon le nombre de pages ou le trafic, une troisième réserve certaines fonctionnalités aux offres supérieures et une autre permet plusieurs sites avec une seule licence.

Deux tarifs mensuels affichés côte à côte ne décrivent donc pas nécessairement le coût réel du projet.

La facturation par domaine est facile à comprendre

Le modèle le plus évident consiste à associer une licence à un domaine.

Pour une entreprise avec un seul site, le calcul est simple.

La situation change lorsqu’une organisation possède plusieurs marques, plusieurs pays, des sous-domaines ou des environnements distincts.

Pour une agence, le coût peut également augmenter à chaque nouveau client.

Il faut vérifier ce que le fournisseur appelle un domaine

Le mot "domaine" lui-même mérite parfois une lecture des conditions tarifaires.

Les sous-domaines sont-ils inclus ? Les domaines de préproduction comptent-ils ? Plusieurs langues sur un même domaine changent-elles quelque chose ?

Un réseau de sites peut produire une facture très différente selon la manière dont le fournisseur définit son unité de facturation.

Ce détail devient particulièrement important avant un déploiement multi-sites.

La facturation au trafic suit davantage l’usage

D’autres CMP utilisent le nombre de pages vues, sessions ou autres volumes de trafic.

Ce modèle permet généralement à un petit site de payer moins qu’un site recevant plusieurs millions de visites.

Il crée en revanche une dépense variable.

Une forte croissance, une campagne publicitaire ou un pic saisonnier peut faire changer de palier sans que l’architecture technique du site ait changé.

Le trafic peut être plus logique que le nombre de domaines

Si un fournisseur doit absorber davantage de ressources lorsqu’un site reçoit beaucoup de visiteurs, une facturation liée au volume peut avoir une logique économique.

À l’inverse, facturer dix fois plus simplement parce qu’une agence utilise le même outil sur dix petits sites ne reflète pas nécessairement dix fois plus de charge technique.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’aime pas particulièrement la facturation par site.

Le modèle économique influence directement les usages que le produit encourage.

Les fonctionnalités peuvent aussi déterminer le prix

Certaines offres ne limitent pas seulement les domaines ou le trafic.

Le niveau tarifaire peut débloquer la personnalisation, le TCF, des rapports, un scanner, des intégrations ou différentes fonctions destinées aux entreprises.

Il faut donc comparer ce dont le projet a réellement besoin plutôt que le premier prix affiché sur la page.

Une offre à 10 euros qui nécessite finalement un plan à 50 euros pour la fonctionnalité indispensable n’est pas réellement une offre à 10 euros pour ce projet.

Le gratuit peut désigner deux modèles très différents

Une CMP gratuite peut être une offre SaaS limitée destinée à faire découvrir un service payant.

Elle peut aussi être un véritable logiciel open source pouvant être installé et utilisé indépendamment du fournisseur.

Les deux modèles sont parfaitement légitimes, mais ils n’offrent pas la même indépendance.

tarteaucitron.js est publié sous licence MIT et peut être utilisé gratuitement en auto-hébergement.

L’open source n’est pas pour autant sans coût

Le prix d’une licence n’est qu’une partie du coût d’exploitation.

Une installation auto-hébergée doit être configurée, surveillée et mise à jour.

Pour une équipe technique déjà organisée, ce coût peut être très faible. Pour une agence possédant des dizaines de copies indépendantes, la maintenance peut devenir plus importante que le prix d’une licence SaaS.

J’ai détaillé cette question dans mon article sur la maintenance open source et Pro.

Pourquoi tarteaucitron Pro ne facture pas par site

J’ai toujours trouvé la facturation par domaine assez pénible pour les agences et les personnes qui gèrent plusieurs projets.

tarteaucitron Pro permet donc d’utiliser une licence sur un nombre illimité de sites, sans limite de trafic.

Un nouveau petit site client n’oblige pas à acheter une licence supplémentaire et un pic de pages vues ne fait pas changer de forfait.

C’est un choix de modèle économique autant qu’un choix produit.

Un tarif fixe facilite la prévision

L’un des avantages d’un modèle sans compteur de trafic est sa prévisibilité.

Le coût ne dépend pas du succès d’une campagne ou d’une hausse inattendue des visites.

C’est pratique pour une agence qui souhaite inclure la CMP dans sa prestation ou pour une organisation possédant de nombreux sites de tailles différentes.

La valeur du modèle dépend évidemment du nombre de sites réellement gérés.

Un site unique n’a pas les mêmes critères qu’une agence

Pour un site unique avec un trafic modéré, une offre facturée par domaine peut être parfaitement adaptée.

Le modèle illimité devient beaucoup plus intéressant lorsque le nombre de sites augmente.

C’est pourquoi il est difficile de désigner une CMP comme "moins chère" sans définir le scénario.

Le prix d’une agence avec cinquante clients ne se compare pas de la même manière que celui d’un blog personnel.

Attention aux comparatifs basés uniquement sur le prix mensuel

Un tableau indiquant simplement "CMP A : 10 €, CMP B : 20 €" peut être très trompeur.

Il faut ajouter le nombre de domaines, les limites de trafic, les fonctionnalités nécessaires et éventuellement le coût de maintenance.

La durée d’engagement ou le fonctionnement du renouvellement peuvent également avoir leur importance.

Le coût total est plus intéressant que le chiffre le plus visible de la page tarifaire.

Les agences doivent raisonner à l’échelle du parc

Une agence devrait simuler son coût pour dix, cinquante ou cent sites plutôt que pour un seul.

Elle doit également regarder le temps nécessaire pour créer une installation, appliquer une mise à jour et transférer un projet.

Ces opérations répétées peuvent coûter davantage que la licence elle-même.

J’ai développé ces critères dans mon article consacré aux CMP pour agences web.

Les questions à poser avant de comparer deux prix

  • Combien de domaines sont inclus ?
  • Les sous-domaines comptent-ils séparément ?
  • Existe-t-il une limite de pages vues ou de trafic ?
  • Que se passe-t-il en cas de dépassement ?
  • Les fonctionnalités nécessaires sont-elles incluses dans ce tarif ?
  • Combien coûterait le même outil pour l’ensemble des sites dans deux ans ?
  • Quelle maintenance reste à la charge de l’équipe technique ?

Le meilleur modèle dépend surtout de la structure du projet

Je ne pense pas qu’un modèle tarifaire soit universellement supérieur aux autres.

La facturation au trafic peut être logique pour certains services. Une licence par domaine peut être simple pour un site unique. L’open source peut convenir à une équipe souhaitant tout maintenir elle-même.

Pour tarteaucitron, j’ai choisi de ne pas faire du nombre de sites ou du trafic une contrainte commerciale.

L’important avant de choisir une CMP est surtout de faire le calcul avec son architecture réelle plutôt qu’avec le prix d’appel affiché en gros sur la page.

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