Le mot souverain est devenu très facile à utiliser
"Souverain" est devenu un argument fréquent dans le logiciel. Pour moi, ce mot n’a d’intérêt que s’il décrit des choix techniques et opérationnels concrets.
Une entreprise peut être française et dépendre presque entièrement d’infrastructures ou de prestataires non européens. Ce n’est pas forcément mauvais en soi, mais ce n’est pas la définition que j’utilise pour tarteaucitron.io.
Une infrastructure hébergée en France
tarteaucitron.io est hébergé en France. C’est un choix volontaire, comme celui de privilégier très largement des sous-traitants français ou européens pour faire fonctionner mon entreprise.
Je tiens à cette cohérence parce qu’une CMP se trouve à un endroit particulier du site : elle intervient précisément dans la gestion des services tiers et des choix de confidentialité.
Il me semblerait étrange de défendre cette maîtrise côté navigateur tout en construisant toute l’infrastructure du produit autour d’une chaîne de dépendances que je ne maîtrise pas.
La souveraineté ne s’arrête pas à l’adresse de l’entreprise
Je regarde donc davantage l’architecture que le drapeau affiché sur une page commerciale. Où sont les serveurs ? Quels intermédiaires sont nécessaires ? Quels prestataires participent au fonctionnement quotidien ? Quelles dépendances peuvent modifier le comportement du produit ?
Ce sont ces questions qui donnent du sens au terme. Utiliser massivement un cloud américain ou faire passer son trafic par une infrastructure mondiale comme Cloudflare n’est pas la même architecture qu’un service directement hébergé en France.
Moins de dépendances, c’est aussi un choix d’architecture
Cette logique rejoint mon choix de rester en JavaScript natif. tarteaucitron n’a pas besoin d’une pile de bibliothèques externes pour fonctionner dans le navigateur.
Chaque dépendance évitée est un composant de moins à suivre, mettre à jour, auditer ou subir. Ce n’est pas uniquement une question de performance : c’est aussi une manière de garder la maîtrise du produit.
Open source et souveraineté ne sont pas synonymes
L’open source apporte une autre forme de maîtrise : le code peut être lu, audité, modifié et auto-hébergé. C’est important pour tarteaucitron et cela restera une partie du projet.
Mais un logiciel open source peut lui aussi dépendre de nombreux services externes. À l’inverse, un service hébergé peut conserver une architecture très maîtrisée. Les deux sujets se complètent sans être identiques.
Un choix que j’assume depuis longtemps
Je ne cherche pas à transformer "souverain" en label marketing. C’est surtout une contrainte que je m’impose : hébergement français, prestataires principalement français ou européens, peu de dépendances et une architecture que je peux comprendre et maintenir.
C’est parfois moins pratique que de brancher immédiatement le service mondial le plus populaire. Mais pour un outil consacré au consentement et à la confidentialité, cette cohérence me paraît importante.
